Korg M1/M1R (1987)

Korg M1R

 
SOUS LE CAPOT
Inside Korg M1

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DOCUMENTS PDF SUR LES PRINCIPAUX CIRCUITS

Pas d'information

 

IMPRESSION

Le Korg M1 (et sa version rack, le M1R) est probablement le synthé le plus connu et le plus populaire de toute l'histoire des synthétiseurs. Ca a été un incroyable succès commercial... Et cela n'est pas vraiment dû au hasard. Korg réalise là la première station de travail (workstation en anglais) qui se caractérise par plusieurs sections :

  • Une section synthétiseur multitimbrale (plusieurs sons différents peuvent être joués simultanément)
  • Une section de batterie échantillonnée
  • Une section séquenceur (éditable via plusieurs fonctions avancées)
  • Une section d'effets (également éditable et routable)
  • La possibilité de sauvegarder sons & séquences ainsi que d'en utiliser d'autres

J'avoue que je n'ai jamais eu à me soucier de la section "séquenceur" car j'ai toujours utilisé un séquenceur externe via un ordinateur pour piloter mes séquences et même mes arpèges. Pas plus que je n'ai eu à utiliser des possibilités de sauvegardes des séquences.
Historiquement je suis venu au Korg M1 vers 1990, alors que mon Jupiter-8 commençait sérieusement à me lasser à cause de pannes électroniques incessantes, et l'envie profonde de sortir des contraintes liées aux sons purement analogiques. J'avais le besoin urgent d'explorer d'autres formes de sonorités, impossible à créer avec mes synthés analogiques.

Donc le Korg M1R fût mon 1er synthétiseur totalement numérique... que j'utilise encore presque tout le temps dans tous mes projets. C'est probablement la machine qui est la plus souvent mise à l'épreuve. Le M1 se rapproche fortement d'un lecteur d'échantillon... Sorte de sampler mais sans l'entrée audio en somme. Sa synthèse propose une sorte de concept de synthèse soustractive mais sans résonance pour le filtre. Donc l'édition du son est très limitée finalement car il s'agit avant tout de sélectionner un son "PCM" (un son échantillonné) parmi les 99 existants et de le placer dans l'oscillateur (il peut y avoir jusqu'à 2 oscillateurs par son). Ensuite il y a divers paramètres pour changer sa hauteur, sa courbe de volume, etc... puis la section "filtre" mais qui est bien pauvre puisqu'elle ne dispose que de l'enveloppe pour modifier la fréquence de coupure, sans la résonance. Puis la section VCA très classique également. On retrouve des enveloppes assez complexes dans les 3 sections VCO-VCF-VCA ce qui permettra néanmoins de modifier le comportement du son, mais pas de manière très profonde malheureusement.

Tout l'art ici réside dans le fait d'associer les bons "échantillons" entres-eux, de les combiner, et surtout de jouer avec les effets (il y a 2 processeurs d'effets utilisant 4 sorties audios) pour créer des sonorités intéressantes.

Heureusement il existe un mode "COMBI" qui permet de charger 8 sons (un son étant donc constitué de 2 oscillateurs au maximum). Là ça ouvre de réelles possibilités car pour chacun des 8 "slots" on peut utiliser un n° de canal midi individuel, régler le volume, ainsi que la plage de réponse du clavier.

On peut donc insérer un son de piano avec un son de choir/voice et un son de pad et à partir de ses 3 sons n'en fait qu'un. Attention à la limite de 16 oscillateurs, ce qui veut dire que ça ne fait plus que 8 notes si le son est composé de 2 oscillateurs !!! En utilisant différents sons simultanément dans le mode "COMBI", on arrivera donc bien vite à atteindre la limite des 16 oscillateurs !!!

Ce synthé n'est donc pas du tout orienté pour la recherche de nouveaux sons, puisqu'en gros on va mélanger des échantillons existants, les filtrer un peu et y appliquer des effets... Le M1 et sa synthèse A.I. (Advanced Integrated) n'est pas ce qui se fait de mieux pour la recherche sonore ! Loin de là !!!
Mais je dois dire qu'il y a 5 ou 6 sons qui me plaisent vraiment énormément et que j'utilise régulièrement, parfois de façon très présentes, parfois de manière plus discrète. Les sons de batteries sont excellents et j'ai longtemps utilisé les hihat, les kick et certains toms dans mes productions. Les sons sont très agressifs, très clairs, bourrés de dynamique ! Comme tous les sons d'ailleurs du M1.

Le M1 été la machine qui a tué la série "DX" de Yamaha. En effet Yamaha expliquait que si la synthèse FM était compliquée à utiliser, elle permettait par contre de créer des timbres d'instruments infiniment plus réalistes que ceux obtenus par la synthèse soustractive. Et ils avaient raison... Mais Korg a poussé le concept plus loin en proposant carrément de vrais sons d'instruments échantillonnés... Et là, il est difficile de faire plus réaliste ! De plus, contrairement à la synthèse FM, il est extrêmement simple de programmer un son de piano ou cuivre, de saxophone, .... sur le M1. Il suffit de prendre le son correspondant et ensuite de programmer un peu les enveloppes, et éventuellement la fréquence de coupure.... et on obtient directement le son désiré !
Le fait de disposer d'une véritable batterie échantillonnée et une section d'effets impressionnants fait passer les sons du DX7 pour des sons de jouet en comparaison de ceux obtenus sur un M1/M1R.

Cette "workstation" va donc s'imposer partout. Dans les groupes rock, électronique, même jazz (à cause de ses sons de pianos, vibes, orgues, basse fretless...), dans la musique de film également à cause de certains effets spéciaux intéressants... Au début des années 90, le Korg M1 se trouvait partout. Les nombreuses cartes de sons PCM (donc des sons échantillonnés) permettaient d'étendre les possibilités du synthé (c'est d'ailleurs la seule façon puisque le timbre en soit n'est quasiment pas modifiable).

C'est une machine très robuste, et si certains sons sont très "typés" et ont été déjà entendu des milliers de fois, certains autres sons sont assez intemporels et passent toujours très très bien dans la musique qui m'intéresse, la musique électronique. En modifiant un peu la hauteur des sons de batteries, et en modifiant leur enveloppe, on peut les utiliser à volonté pour la trance, la techno, la musique industrielle/ebm également ! Depeche Mode l'a énormément utilisé d'ailleurs !

Sous le capot, on peut voir que Korg a conçu ses propres DSP... Et il y en a un sacré paquet !!! On remarquera également tous les circuits alignés sur la droite contenant les 8Mo de sons échantillonnés ! Le Korg M1 a vite été mis en concurrence avec le D50 de Roland qui se devait de réagir ! Mais à mon sens ces 2 machines sont très différentes et  je ne vois pas trop l'intérêt de comparer ses deux machines qui se situent réellement dans des registres totalement différents...

Il est intéressant de signaler que parmi les sons échantillonnés on retrouve des formes d'ondes basiques tels que les "pulse" / "square" / "sawtooth". On peut donc générer des sons faisant penser aux vieux sons analogiques... Cependant on est très très loin d'avoir la chaleur et le rendu des vieux synthés analogiques... Et ce n'est pas le filtre qui permettra de rattraper les choses ! Par contre, on peut éventuellement faire quelques sons analogiques de type "basse" et coupler un sawtooth à un vrai échantillon de basse électronique... Avec quelques réglages, ça pourra donner un son assez convaincant et très dynamique !!!