Emu EMAX S.E. (1988)

Emu Emax SE

 
SOUS LE CAPOT
Inside Emu Emax

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DOCUMENTS PDF SUR LES PRINCIPAUX CIRCUITS

SSM2047

AM6012DC      

 

IMPRESSION

Un vénérable ancêtre... Ses spécifications pourraient faire sourire et même hurler de rire les jeunes compositeurs contemporains (et on ne pourrait pas les en blâmer d'ailleurs), mais à une époque cette machine a révolutionné totalement l'industrie musicale.
Au début des années 80, dans l'optique d'aller toujours plus loin dans les liens unissant la technologie et le compositeur, le constructeur australien Fairlight avait prouvé avec sa station de travail C.M.I. que désormais le sampling avait une place à part entière dans les studios. Certains groupes ou musiciens fortunés avaient déjà acheté cette machine et proposaient un son bien plus complexe et abouti que les productions basées uniquement sur les synthétiseurs classiques.

En effet, loin de ne proposer que l'échantillonnage, Fairlight proposait un véritable synthétiseur capable de faire de la synthèse additive avec les échantillons en mémoire, de les séquencer via un utilitaire fourni avec la machine, tout cela permettant donc de créer de véritables musiques à base de la technologie du sampling.
Fondée en 1972 par Scott Wedge et Dan Rossum, et après avoir longtemps fabriqué des circuits pour le compte de Solid State Microtechnologies, EMU Inc. tenta sa chance également dans le domaine des samplers. Après l'Emulator I très primitif mais bien plus accessible financièrement que le C.M.I. de Fairlight, le modèle Emulator II vit le jour. Ce modèle marquera à jamais les années 80 car il fut le modèle le plus populaire, performant et accessible à la fois.

Le groupe Depeche Mode va rapidement en acquérir un et créeront de nombreux albums grâce aux sons de cette machine. Le groupe Front 242 fera de même, et sera suivi par de nombreux autres musiciens. L'Emulator II sera d'ailleurs largement utilisé en studio pour créer de nombreux bruitages de séries Américaines (Mac Guyver, Rick Hunter, ...). Moins convivial que le Fairlight et moins orienté "Station de Travail", l'Emulator II se veut résolument un instrument à part entière. Le sampling permet une numérisation de qualité assez moyenne (12 bits/42khz) mais par contre la section synthétiseur compense largement le déficit de la qualité audio.

La série des "EMAX" est l'évolution du modèle "Emulator II", ou plutôt une transition entre l'Emulator II et l'Emulator III.
EMU Inc.
ayant réalisé que désormais un marché bien réel existe également pour les gens n'ayant pas le budget pour acheter un Emulator II, et ayant réalisé de larges progrès dans l'intégration des composants électroniques, il était désormais possible de fabriquer une gamme de samplers financièrement plus accessible que les "Emulator" tout en gardant les spécificités de cette machine. C'est dans cette optique que la série "EMAX" verra le jour.... Avec quelques liftings bien sympathiques d'ailleurs.

Tout d'abord le microprocesseur central n'est plus le Zilog Z-80 qui équipait l'Emulator II, mais devient le National 32008, plus puissant. C'est un processeur 32 bits fonctionnant à 8Mhz. Les traitements digitaux (stretching, reverse sample, ...) s'en trouveront largement accélérés. Ensuite des dizaines et des dizaines de circuits logiques ont pu être intégré dans un seul circuit, un DSP répondant au nom du E-Chip (Emulator-on-a-chip et contenant plus de 50.000 transistors). Ce circuit imposant est en charge de l'anti-aliesing, la décompression des données en temps réel, gestion des canaux audio en cours de jeux et la lecture des samples. La mémoire, véritable coeur du sampler, a été revue à la hausse et passe dès lors à 512Ko (dont seulement 480Ko sont réellement exploitables pour y stocker les données, le reste étant pris par l'Operating System).

Voilà en ce qui concerne le moteur "logique" du sampler. En ce qui concerne le moteur "audio", ce sont les célèbres circuits Solid State Microtechnology SSM2047 qui sont utilisés pour gérer le filtre (VCF) et le VCA de l'EMAX. On réalise immédiatement la qualité de ces circuits auto-oscillants analogiques et donnant un véritable caractère de ce sampler/synthé. On retrouvera également les convertisseurs 12 bits D/A AMD AM6012DC en guise de "générateurs" (que l'on peut comparer à la section "oscillator" sur un synthé classique).

En effet à l'époque, et faute de pouvoir restituer un son réellement naturel, le sampler est vu comme une machine de création sonore pure, au même titre qu'un synthétiseur. Et la force de l'EMAX réside là. On ne pourra pas échantillonner de longues boucles rythmiques ni de longs riffs de guitare... Par contre on pourra échantillonner des sons courts de sources variées et ensuite en créer une véritable matière sonore...

J'utilise énormément cette machine qui souffre de quelques maux dû à son grand âge (le lecteur de disquette devient extrêmement susceptible et l'écran LCD devient difficile à lire dans la pénombre). De plus cette machine dispose d'une énorme quantité de sons disponibles, et de très grande qualité !! Sur le modèle SE (Spectrum Enhanced), on trouve de nouvelles fonctions de traitements digitaux (des algorithmes) qui peuvent parfois donner des résultats intéressants... Néanmoins il faut parfois des heures de calcul avant d'entendre le résultat ... Je reprocherais à cette machine principalement deux choses :

  1. Tout d'abord le sampler n'est pas "multi" dans le sens où on ne peut accéder qu'à un seul clavier contenant tous les sons que l'on désire y mettre. On ne pourra donc pas jouer sur 5 octaves un son de piano sur le canal midi 1 et en même temps jouer un son d'orgue sur 5 octaves via le canal midi 2. Il n'y a que via le mini-séquenceur intégré (vraiment ultra primitif) qu'on pourra faire cette opération, ce qui est vraiment dommage...
  2. Plus on monte dans la fréquence d'échantillonnage, plus la zone d'affectation du sample sur le clavier se réduit ... Obligeant donc à de très nombreux multi-sampling, ce qui est gourmand en mémoire... C'est quelque chose que je n'ai jamais vraiment compris encore à ce jour.
Autrement cette machine propose même un effet intégré: le chorus et permet de mélanger 2 samples pour en faire un seul son unique (mais cela réduit la polyphonie de 8 à 4 notes). Bref c'est une machine résolument tournée vers la recherche sonore pure, avec une couleur sonore immédiatement identifiable (sorte de son à la fois métallisé, low-fi) mais qui connait les limites typiques des samplers de la fin des années 80.